Extranet Presse Blog
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24/08/2020

DANS LA CONTINUITE DES PRATIQUES DU 1ER PROGRAMME, LES OPC URBAINS APPARAISSENT COMME UNE CONDITION DE REUSSITE DU PASSAGE A L’ACTE

Par le nombre d’acteurs concernés, l’étendue des périmètres, le nombre d’opérations et la temporalité restreinte, les projets de renouvellement urbain représentent des projets complexes. Par leur vocation d’amélioration du cadre de vie et du quotidien des habitants, ils impactent en outre fortement, directement et dans la durée la vie des habitants et usagers des quartiers concernés. La complexité technique, juridique et sociale des projets appelle donc des compétences pointues et une grande habileté managériale.

Si les récentes élections locales se sont traduites par des évolutions au sein des porteurs politiques de projet, le rôle des équipes et de l’ingénierie en charge du pilotage des NPRU (direction de projet / chef.fe de projet) apparaissent primordiaux comme garants des savoir-faire et de la continuité opérationnelle. Pourtant, alors que ce poste de chef de projet renouvellement urbain faisait l’objet d’une attention spécifique lors du premier programme, force est de constater que de nombreuses collectivités ont vu leurs équipes projets allégées et les compétences spécifiques acquises précédemment disséminées dans les services de droit commun. Aussi, la mise en place de missions externalisées d’OPC Urbains permet-elle aux porteurs de projet de bénéficier d’une expertise fine dans le pilotage et le déploiement du projet dans toutes ses dimensions : opérationnelles, juridiques, sociales et financières. De ce point de vue, disposer d’un regard extérieur facilite également la prise de recul face aux urgences du quotidien que connaissent bien souvent les quartiers concernés.

Dans les premières années de mise en œuvre du NPNRU, cette ingénierie d’OPC Urbain1, démocratisée par l’ANRU, a pourtant semblé faire l’objet d’un engouement moindre ; certains considérant les savoir-faire locaux acquis et la coordination opérationnelle et stratégique à même de fonctionner sans soutien.
Depuis quelques mois, les missions d’assistance à maîtrise d’ouvrage – OPC Urbains se multiplient à nouveau, démontrant à la fois une prise de conscience des besoins face à la demande d’accélération du programme2, et un passage effectif en phase opérationnelle des projets après une longue période dédiée à leur préfiguration puis à leur contractualisation. Bien souvent, il est toutefois à déplorer des missions d’OPC Urbain réduites au champ relativement étroit de la planification, au détriment d’une dimension de conseil plus stratégique.

Espacité a longtemps défendu la nécessité d’un pilotage expérimenté et outillé, en proximité avec les décideurs, et en capacité de faciliter la traduction opérationnelle des stratégies politiques. Forte de ces certitudes, il nous apparait que si la phase de maturation des projets était en effet indispensable et qu’elle a pu effectivement permettre de les rendre plus pertinents et plus solides, il convient à présent de ne pas sous-estimer les compétences nécessaires nécessaire à leur concrétisation. Le premier programme a dû en plusieurs endroits faire l’objet d’un soutien appuyé de l’ANRU et d’une remobilisation du système d’acteur face à des difficultés de gouvernance ou à une défaillance de l’ingénierie. Alors que s’ouvre cette importante étape du « passage à l’acte », il conviendrait ainsi de ne pas oublier la complexité inhérente à ces projets en ne sous-évaluant pas la qualité de l’ingénierie opérationnelle à y développer. Au risque dans le cas contraire de mettre en difficulté les élus en responsabilité, et de décevoir les populations concernées.

1 Ordonnancement Pilotage Coordination urbain – cela désigne la fonction de coordination des opérations et des acteurs dans le temps et dans l’espace.

2 En janvier 2020, Jean-Louis Borloo dénonçait devant le sénat un « arrêt total de la rénovation urbaine » provoquant une onde de choc chez certains élus et techniciens du renouvellement urbain.